CÉLINE SEMPÉ

CE QUE VOTRE VOIX RÉVÈLE

L'OBSERVATION

Vous êtes dans la pièce. Vous avez franchi ce seuil. Tout s’est bien passé, ou presque. Puis vous vous entendez parler. Pas votre voix habituelle. Légèrement plus aiguë, légèrement plus rapide. Ce débit qui s’emballe imperceptiblement, comme si les mots voulaient sortir avant qu’on ne ne les en empêche. Cette façon de monter dans les aigus exactement sur la phrase qui comptait le plus; celle que vous aviez répétée trois fois avant d’arriver sur les lieux. Personne d’autre ne l’a remarqué…ou peut-être que si, justement. Toujours est-il que vous, vous l’avez entendu et vous avez su, à cet instant précis, que quelque chose dans votre corps n’était pas tout à fait à sa place. Cette chose n’est pas un problème d’élocution, ni un problème de vocabulaire. C’est votre corps qui parle à votre place; avec un sans-gêne déconcertant!

L'ÉCLAIRAGE

La voix ne ment pas. C’est son seul défaut; ou sa plus grande qualité, selon le moment où l’on s’en aperçoit. Elle est le reflet direct de l’état du corps : sa tension, sa respiration, son

organisation interne. Une voix qui monte dans les aigus sous pression n’est pas une voix mal placée. C’est un corps qui s’est légèrement contracté, un souffle qui s’est raccourci, un

diaphragme qui a décidé de prendre une pause au pire moment possible.

Ici, il n’est pas question de technique vocale. Les comédiennes et les chanteuses le savent depuis longtemps. On ne travaille pas la voix, on travaille le corps qui la porte. La voix est en aval. Le corps est en amont. Et c’est toujours en amont qu’il faut aller chercher.

Ce que peu de femmes savent, c’est qu’une voix posée, stable, audible sans effort, n’est pas le

fruit d’un entraînement vocal. C’est le fruit d’un corps organisé. Un souffle disponible, des appuis ancrés au sol, une nuque allongée. Quand ces éléments sont en place, la voix se pose naturellement, sans qu’on lui ait demandé quoi que ce soit.

LE GESTE

Avant votre prochaine prise de parole: une réunion, un appel important, une conversation qui compte, faites ceci. Pas pendant, pas avant; cette distinction est importante.

Assise ou debout, sentez le contact de vos pieds avec le sol. Les deux pieds. Également. Puis, allongez légèrement la nuque; vous connaissez ce geste maintenant. Sentez l’inspiration arriver toute seule, sans effort, comme la dernière fois. Puis parlez. Pas plus fort, pas plus lentement, juste depuis cet endroit-là. Remarquez ce qui change dans la qualité ce qui sort. Pas le contenu. La matière. Ce quelque chose de plus posé, de plus dense, de plus présent. Votre voix, quand le corps qui la porte a enfin décidé de faire son travail.

LA QUESTION

Et si la voix que vous n’aimez pas sous pression n’était pas votre vraie voix mais simplement votre corps qui cherche encore son appui ?

Pour un mouvement vivant,
Céline 

La Lettre

Une fois par mois, pour celles qui souhaitent retrouver un rapport plus incarné à elles-mêmes.

Désinscription libre.

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